Le collier que je vends le plus est Philippine, sous ses différentes variations. J’en suis ravie car je suis très contente de ce modèle. Il est long à fabriquer mais il me correspond bien : je n’aime ni les bijoux qui brillent trop, ni les pièces trop bien emboîtées, ni les calculs au millimètre.
Sans doute est-ce un avis un peu marginal, mais je préfère les bijoux mal léchés. J’aime deviner la main humaine derrière la création, ses hésitations et ses erreurs. Les pierres qui brillent me désobligent particulièrement : c’est trop voyant, trop lisse, trop ostensible. Les bijoux que je veux fabriquer sont simples, on les met tous les jours sans avoir peur de les abîmer et ils ne coûtent pas trop cher.
Philippine est inspiré d’un collier sublime que j’ai vu un jour au British Museum à Londres. C’était un grand pectoral avec des pierres taillées grossièrement et des intercalaires en argent plaqué or qui suivaient exactement la forme des pierres. C’était un bijou beaucoup plus complexe, beaucoup plus impressionnant et beauuuucoup plus cher que Philippine. Mais il avait cette touche brute que j’adore, avec un polissage mat et un découpage hautement maîtrisé sous son aspect aléatoire.
De retour chez moi, j’ai fait quelques recherches et essais et je me suis arrêtée sur cette version. J’ai limité le collier à une forme de pendentif, plus léger et moins habillé, et j’ai davantage joué sur les différences de taille entre les pierres et les intercalaires en laiton pour souligner le côté irrégulier de la découpe.
Ma tout première version était en cuivre et en agate verte, mais la version la plus réussie est sans conteste celle en laiton et lapis lazuli : le contraste entre le bleu intense de cette pierre et la couleur dorée du laiton fonctionne vraiment bien. Désormais, je décline le modèle avec d’autres pierres et d’autres métaux : agate, œil de tigre, onyx… Chaque version est satisfaisante à fabriquer.
