Etsy Made in France – édition du printemps

News !

Les vendeurs Etsy de toute la France se rassemblent de nouveau les 2 et 3 juin pour une édition printanière du salon « Made in France » !

Vous pourrez me trouver ici :

À bientôt !

 

 

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Le prix de la création

Les « pop-up shops » (boutiques éphémères) sont très à la mode ces temps-ci, tout comme les produits de créateurs locaux. Voilà qui arrange bien mes affaires.

Forte d’une petite année de vente en ligne, je débute dans ce milieu. Je fais désormais partie de deux collectifs de créateurs, la team Etsy Petit Paris et le collectif Bien des choses. J’y ai rencontré une foule de gens animés par la même passion de créer que moi. Certains sont plus jeunes, d’autres plus âgés, et avec des niveaux d’expérience très variés. Ce sont des rencontres précieuses à tous égards.

Parmi les choses que nous avons tous en commun, il y a ce refrain que je (re)découvre, et qui a le don de hérisser les créateurs :

« Oh, c’est super joli ! Mais alors, qu’est-ce que c’est cher… »

« Une boutique de créateurs ? Oh non, pas la peine d’entrer, ça va être hors de prix. »

« Je vais pas payer un tel prix pour un truc que je pourrais faire chez moi. »

Grrr. Veuillez m’excuser une minute, le temps que je fasse quelques mouvements de yoga pour retrouver mon calme.

Pour un créateur, fixer ses prix peut s’avérer très difficile. Entre l’éternel syndrome de l’imposteur, un travail parfois compliqué à quantifier et/ou qualifier et la mauvaise habitude que nous avons tous de voir des prix réduits en supermarché et autres espaces offrant des produits industriels, on a souvent tendance à se dévaluer.

Trop souvent, les clients que nous rencontrons ont cette idée reçue de l’artiste prétentieux qui vend ses ordures pour des millions. Compréhensible, mais pas vraiment pertinent dans le cas des artisans.

Nous travaillons tous avec patience et savoir-faire. Nous passons de longues heures à chercher, essayer, détruire et refaire pour arriver à un résultat qui nous satisfait. S’il nous satisfait, il satisfera l’acheteur car nous sommes de loin le plus exigeant des deux. Cependant, cette exigence n’est pas toujours reconnue. De même que le fait de comptabiliser dans notre prix une rémunération pour notre temps de travail… et que notre tarif horaire soit supérieur à celui du petit enfant chinois qui a cousu mon jean.

On oublie trop facilement que la main-d’œuvre coûte cher et qu’un objet fait main par un artisan qualifié est un achat à long terme. Votre sac cousu main ne tombera pas en miettes au bout d’un mois comme l’a fait mon ravissant sac Desigual (attention, je balance : le pire achat de ma vie). Votre bijou en formica ne va pas se casser. Votre tissage en laine Merino ne va pas s’effilocher. Et votre mobile en papier assemblé et cousu point par point a peut-être l’air simple, mais il n’est pas si facile à refaire chez soi.

De plus, ce sont des produits originaux et uniques que vous ne trouverez pas ailleurs.

C’était l’instant pub du dimanche. Visitez les boutiques de mes collègues, elles valent le détour !

 

Tout ça pour dire : oui, l’article entre vos mains vaut généralement le prix que nous lui avons fixé. C’est un simple changement d’habitude : acheter plus cher pour garder longtemps.

Cette longue diatribe un peu agacée pourrait aussi se résumer à ceci : pensez ce qu’il vous plaira, mais ayez la délicatesse de ne pas conspuer le prix de ses créations devant un créateur. La politesse n’est jamais un mauvais choix.

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Devenir micro-entrepreneur

Aujourd’hui, je vais retracer mon parcours pour prendre le statut de micro-entrepreneur (anciennement appelé auto-entrepreneur) : les démarches, les informations essentielles, et mon ressenti global de l’expérience.

Situons mes capacités en terme de prise de chou administrative :

  • j’ai vécu un an au Canada dans le cadre du Programme vacances-travail (PVT) ;
  • j’ai prolongé ce séjour par un visa de travail ;
  • mon activité principale, salariée, est la co-gérance du service administratif d’une petite maison d’édition.

On peut donc dire que j’ai un certain nombre d’heures de paperasserie et de questions juridiques dans les pattes. Maintenant que je vous ai fait un peu peur, je peux vous l’avouer, ce préambule était parfaitement inutile : devenir micro-entrepreneur, c’est facile comme tout.

 

Le compte bancaire

Attention, je commence par la fin.

Pour moi, le plus pénible à ce jour a été la création de mon compte bancaire d’entreprise. Le compte de l’entreprise doit impérativement être séparé du compte personnel ; toutefois, un compte professionnel n’est absolument pas obligatoire, contrairement à ce que vous diront souvent les banquiers. N’hésitez pas à insister sur ce point : le compte pro, c’est très cher et parfaitement inutile pour une micro-entreprise.

Ouvrir un compte à la banque, c’est facile. Ensuite, j’ai attendu ma carte bleue quinze jours au lieu d’une semaine, tout ça pour découvrir que le code avait été changé sans que j’en sois informée et sans aucune raison. J’ai failli bloquer la carte en voulant payer un achat puisque le code que j’avais reçu était faux. J’ai râlé au guichet, tout ça pour m’entendre dire qu’il fallait que j’attende de recevoir un courrier avec le nouveau code. Trois semaines de perdues, aucune explication. Ma conseillère s’est pris un mail cinglant de ma part, mais bien entendu je n’ai pas encore eu de réponse. Je la relance régulièrement, mais je n’ai pas grand espoir.

Préoccupez-vous de ce point en avance, c’est plus prudent !

 

Se renseigner et entamer les démarches

Reprenons au début. La première chose, c’est de déterminer votre activité. Certaines activités dépendent de la Chambre de Commerce. Dans ce cas, je ne peux rien pour vous. Comme je fabrique les objets que je vends, je dépends de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).

Il est relativement facile de trouver des informations pertinentes sur internet. Toutefois, on y trouve aussi un certain nombre d’infos contradictoires ou simplement erronées. De plus, si le portail des auto-entrepreneurs est très complet, je le trouve aussi très inconfortable à lire : trop d’infos entassées, c’est décourageant.

Finalement, j’ai choisi la méthode feignasse : aller demander. Ce n’est pas toujours la bonne ; ça dépend fortement du type d’administration. Aller demander des infos sur le PVT à l’ambassade canadienne, par exemple, c’est une idée pourrie parce qu’ils vont vous dire sur un ton méprisant d’aller voir sur leur site.

La Chambre de métiers de mon département (Seine-Saint-Denis) est, par chance, très bien organisée. Pour commencer, ils font des réunions d’information hebdomadaires. Sur une matinée, on passe en revue les principaux statuts juridiques d’entreprise, leurs différences aux niveaux fiscal et social, les services proposés par la CMA pour vous accompagner dans votre immatriculation, les subventions possibles à demander…

La CMA de Seine-Saint-Denis propose une « permanence économique » tous les matins de 9h à 13h. On peut appeler un conseiller pour lui poser des questions ; on peut aussi lui écrire un mail en laissant son numéro pour qu’il vous rappelle. Et il rappelle, j’ai testé. C’est à ma connaissance toujours le même, un monsieur très gentil qui sait tout à fait de quoi il parle et qui aime les tartes aux pommes (c’est lui qui le dit). Il y a d’autres permanences d’experts (comptable, mutuelle, RSI, etc.) en cas de besoin. Elles sont détaillées sur cette page.

Fort de toutes les connaissances acquises par tous ces moyens, on peut choisir son statut juridique. J’ai choisi la micro-entreprise, d’abord car je souhaite conserver mon travail en tant que salariée, et ensuite car c’est un régime très facile d’accès pour tester l’aventure avant de penser à quelque chose de plus ambitieux.

Petite parenthèse informative : il faut distinguer l’entreprise et la société. Une société est une entreprise, mais toute entreprise n’est pas une société. Dans le cas de la micro-entreprise, l’entreprise, c’est vous. La société, elle, est une entité séparée de vous. Une société est une personne morale ; vous êtes une personne physique. Un micro-entrepreneur n’est pas une société.

 

L’immatriculation

Pour demander son immatriculation de micro-entrepreneur, il faut envoyer :

  • le formulaire P0 rempli ;
  • une copie de sa pièce d’identité ;
  • un justificatif de domicile ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation avec filiation (modèle téléchargeable sur la même page que le formulaire P0) ;
  • l’attestation de suivi du stage de préparation à l’installation ;

au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) : c’est le guichet auprès duquel on dépose son immatriculation et qui répercute l’information auprès de tous les organismes nécessaires. C’est préférable de passer par eux, ainsi vous êtes sûr que les déclarations sont bien faites et tous les organismes informés.

Il existe des plateformes internet pour préparer son dossier, mais cela ne gère qu’une partie de l’inscription. Vous obtiendrez votre SIRET, mais ne serez pas inscrit au Répertoire des métiers, par exemple, ce qui est indispensable.

À noter :

– attention aux professions réglementées qui nécessitent un diplôme ou une qualification professionnelle ! Renseignez-vous bien ; ce n’est pas mon cas, donc je ne m’y attarde pas ;

– si vous souhaitez protéger vos biens en cas de faillite, vous aurez d’autres démarches à faire et votre déclaration d’insaisissabilité sera à joindre au dossier.

 

Le stage de préparation à l’installation (SPI)

Ce stage est une version approfondie de la matinée d’information de la CMA. On y apprend tous les éléments importants pour bien démarrer son entreprise, les pièges, les différentes possibilités. Ça prend 5 jours sur place ou, comme le propose la CMA 93, autant de temps qu’on veut en ligne et 1 journée sur place. Ça coûte cher, mais c’est valable à vie et dans toute la France. Une fois fait, vous n’aurez plus jamais à le refaire même si vous changez quinze fois de statut et d’emploi.

On peut en être dispensé : il faut pour cela prouver qu’on a fait, au moins en partie, des études de gestion. Ça n’a pas été mon cas, vu mon parcours de grosse artiste.

À la fin de la réunion d’information, je me suis inscrite, on m’a donné un classeur avec des fiches informatives, un identifiant pour accéder au module en ligne, et une convocation pour la journée de présence à la CMA.

Ainsi allégée de 260 €, j’ai opté pour la version internet du stage. Je suis salariée ; poser 5 jours de congés en pleine rentrée littéraire, c’est compliqué. Et puis c’est pas des vacances, alors flûte. J’ai la chance de pouvoir travailler à temps partiel et j’ai donc pu arranger mon emploi du temps pour venir à l’unique journée de présence obligatoire.

Pendant ce stage, j’ai appris beaucoup de choses inutiles pour ce que je compte faire, mais ça reste intéressant dans l’absolu. J’ai stressé comme une nouille car il y a un test à la fin pour vérifier qu’on a tout compris. Je n’ai pas révisé quoi que ce soit depuis mes études (ça remonte à plus de dix ans, gloups). En vérité, le test est facile, par contre il est mesquin comme le code de la route. C’est un QCM avec plein de petits pièges très vicieux.

Heureusement, l’ambiance est bonne. On a droit à des intervenants très intéressants : un expert comptable, une personne du CFE, et un agent de contrôle des entreprises. La conclusion de ces rencontres est attendue : faites les choses honnêtement, n’hésitez pas à demander conseil, soyez prudent financièrement et tout se passera bien.

 

On en voit le bout !

Après l’envoi de mon dossier complet au CFE, j’ai reçu huit jours plus tard un courrier me confirmant que j’étais en cours d’immatriculation. Le courrier me donnait d’ores et déjà mon numéro SIRET. Dans les semaines qui ont suivi, j’ai reçu mon attestation d’enregistrement au Répertoire des métiers, la confirmation de mon SIRET par l’INSEE, mon Kbis, mon courrier d’adhésion au RSI, etc.

En tout, l’immatriculation m’a pris deux mois. On dit toujours que créer une entreprise en France est très difficile ; ça dépend fortement du type d’entreprise. Le régime micro-entrepreneur a justement été créé pour faciliter l’activité des gens comme moi. Il me reste encore à tester la déclaration de mes charges sociales et de mes impôts, peut-être qu’à ce moment je déchanterai !

 

J’écrirai prochainement d’autres articles pour parler d’autres points : les déclarations, les courriers frauduleux, l’assurance professionnelle, la compta, etc. À la fin, j’aimerais faire un petit guide du micro-entrepreneur ! Je ne prétends pas parler de tout, mais au moins rassurer un peu ceux qui envisagent de franchir le pas.

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